La bataille pour donner un avenir au Bassin de Lacq se poursuit. Ci-dessous un article paru dans l’Humanité du 7 juillet
Dans la perspective de l’arrêt de l’extraction du gaz en 2013, le devenir du site industriel béarnais est en suspens. Les projets de restructuration n’auront de crédibilité que si le groupe pétrolier s’engage..
Annoncée depuis six mois, la fermeture de Celanese, qui interviendra en décembre prochain (lire ci-dessous), a servi de révélateur : le bassin industriel, chimique notamment, construit autour de l’extraction du gaz de Lacq au coeur du Béarn, est plongé dans l’incertitude.
Plusieurs centaines de salariés et de syndicalistes, mais aussi d’élus se sont rassemblés, le 28 mai, place Henriot à Paris, à proximité immédiate de l’Assemblée nationale où on été débattue les propositions de loi des députés communistes et du parti de gauche.
Venant à la rencontre des participants, Marie-George Buffet a quitté quelques minutes l’hémicycle où elle défendait l’une proposition de loi, celle visant à interdire les licenciements, une proposition qu’elle a qualifié « d’utilité publique ».
Monsieur le Député,
Aujourd’hui il y a en France 3000 chômeurs de plus par jour, 3000 personnes qui d’un coup perdent leur travail, une grande partie de leur revenu, leurs projets d’avenir.
A la moindre baisse des commandes, à la moindre réduction des bénéfices, au premier desiderata des actionnaires, les grandes entreprises n’ont qu’une réponse : baisser le coût du travail, supprimer des emplois.
Partout aujourd’hui, dans la gestion des entreprises, l’emploi est devenu la variable d’ajustement.
C’est une très grande victoire syndicale et juridique que vient d’enregistrer la CGT Dassault du site d’Anglet. En effet saisi en référé le tribunal de Paris vient de reconnaître que 9 salariés de cette usine et par ailleurs militants de cette organisation ont bel et bien été victimes de discrimination en raison de leur engagement syndical.
Depuis fin janvier, les salariés de La Celanese sont en lutte, d’abord parce qu’ils apprennent de la direction texane qu’elle réfléchit à une possible fermeture du site de Pardies, puis qu’elle décide de fermer. Des tractations ici et là sont évoquées, en particulier par le Gouvernement, sur des possibilités de reprises. Il n’y a pas de fatalité, l’entreprise est viable, elle fait des bénéfices. La direction texane reste sourde.
Le Gouvernement entretient l’espoir jusqu’à ce vendredi noir du 14 mai 2009, où l’on apprend qu’il n’y a ni repreneur, ni décision de vendre de la part de la direction de La Celanese.
Depuis 10 semaines les communistes du bassin de Lacq et plus largement de l’agglomération paloise demandent par voie de pétition, avec à ce jour plus de 4000 signatures recueillies, courrier et interpellation, à Monsieur le Préfet des Pyrénées-Atlantiques qu’il agisse à la fois pour stopper la casse de Celanese mais également qu’il pèse de tout le poids de l’État afin qu’un avenir industriel se dégage rapidement pour le Bassin de Lacq. Notre proposition de nommer ce que nous avons appelé « un chef de projet » s’inscrit dans cette perspective. Sans s’attacher aux titres, nous souhaitons qu’une nouvelle impulsion soit donnée à ce bassin industriel car, si nous en connaissons ses atouts, nous savons aussi combien sont grandes les menaces, combien les risques sont importants si nous ne regagnons pas la maîtrise de notre avenir.
A l’issue d’une table ronde avec les organisations syndicales des entreprises Celanese, Air Liquide et Yara du bassin de Pardies (64), Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, a avancé plusieurs propositions pour le maintien et le développement de l’emploi.
"L’urgence ici, où plus de 500 emplois sont directement menacés, et près de 2000 indirectement, par la décision du groupe texan Celanese, c’est l’engagement de l’Etat pour agir et peser pour trouver un repreneur. Avec de la volonté, c’est possible. Il en relève de l’intérêt général en France et en Europe. Je demande à Monsieur le Président de la République d’intervenir auprès de son homologue américain, lors du G20, afin que le groupe Celanese accepte de céder le site de Pardies. Il faut aussi que le ministre Hortefeux nous dise précisément qu’elles sont les contacts pris, les pistes travaillées ».
Il y a deux jours l’annonce de la fermeture de l’Usine de Pardies La Celanese tombait. Depuis le 21 janvier nous étions informés de la menace qui pesait sur l’avenir du site. Nous les communistes, avec d’autres, nous avons dès cette annonce multipliée les initiatives, mais cette épée de Damoclès est finalement tombée. 350 personnes ont comme perspective le chômage dans les prochains mois, d’autres usines comme Yara et Air Liquide sont aujourd’hui directement menacées. C’est pourquoi Jean-Luc Melenchon et moi-même nous sommes venus à la rencontre des salariés de la Celanese. D’abord pour leur exprimer notre soutien, notre solidarité, mais aussi pour dire haut et fort : la cessation de l’activité n’est pas inéluctable, bien au contraire, de solutions existent. Nous n’accepterons pas la chronique d’une mort annoncée.
Le secrétaire d’Etat à l’Emploi Laurent Wauquiez vient de déclarer qu’il fallait "tout faire" pour que l’usine Celanese de Pardies « soit reprise par un autre industriel », ajoutant, ce site ne doit pas être « simplement rayé de la carte ». Cette déclaration doit être impérativement suivie d’éléments concrets. Quels engagements de l’Etat ? Quel calendrier ? Quels droits d’intervention des salariés ? Quel partenariat entre l’Etat, les collectivités territoriales, les industriels, les organisations syndicales (...)
La décision de la direction de Celanese de fermer son usine de Pardies est inacceptable.
Rappelons nous que c’est pour gagner toujours plus d’argent que les actionnaires mettent à mal directement l’emploi et la vie de plus de 500 salariés -de près de 2000 personnes au total- et un des quatre sites chimiques du bassin de Lacq géré par Chemparc.
La brutalité de la décision est proprement inhumaine.
0 | 10